Partager l'article ! Sexe & autres addictions : les nouvelles maladies du 21e siècle ?: La chronique du week-end de Tata Paulette (hors-sé ...
La chronique du week-end de Tata Paulette
(hors-série spécial je suis accro mais je me soigne)
Impossible d’accéder à la porte de Tata Paulette sans me prendre les pieds dans des cartons. Elle a envahit son palier de boîtes en tout genre, empilées, prêtes à remplir.
Ma tête échappe de peu à un lancer sauvage de tablettes de chocolat jetées par sa porte.
« Mais qu’est-ce qui se passe Paulette ? Vous anticipez votre ménage de printemps ? Un vide-grenier de prévu ? Vous déménagez ?!
- Non. J’éloigne de mon appartement tout objet susceptible de me rendre accro.
- Hmmm… Vous allez jeter vos Sudoku ? Vos poissons rouges ?
- Rigole, rigole ! Je ne veux pas devenir dépendante moi. Ces petits plaisir de la vie qui peuvent nous faire glisser vers une dépendance, non merci.
- Oui, c’est d’une évidence…
- Jeux vidéos, en ligne ou à gratter, achats en tout genre, travail… tout y passe.
Nous sommes des accros en devenir. L’addiction est la nouvelle maladie du siècle.
- Maladie du siècle, n’est-ce pas un peu, comment dire, capillotracté ?
- Ce n’est pas moi qui le dit. C’est le docteur William Lowenstein** et il le dit bien mieux d’ailleurs : "Le 21e siècle sera addictogène"… Il souligne notamment que « l’addiction est une authentique maladie fonctionnelle du cerveau ».
Dessin Echevin
- Ce n’est pas David Duchovny – monsieur Vincent revisité made in US – ni Tiger Wood – monsieur je gagne autant de trophées que j’ai de maîtresses - qui vous contrediront !
- De notre côté de l’Atlantique, les frasques de ces messieurs font (sou)rire. Pourtant, le
phénomène que l’on pensait propre aux USA existe en France. Ce n’est pas un effet de mode. Ce n’est pas non plus le double effet pas cool indésirable du Viagra.
En région parisienne, des services d’addictologie traitent désormais des patients accros au sexe. Parfois, une hospitalisation peut être nécessaire pour aider le patient à "décrocher"
- J’étais loin de penser que l’abus de sexe nuisait autant à la santé…
- Et s’il n’y avait que ça ! Les services spécialisés accueillent toute sorte d’"addicts"… Sans compter les associations, les forums sur Internet pour s’entraider et sortir de ces dépendances qui gâchent la vie.
Parmi ces dépendants, par exemple :
Les accros au boulot, obsédés par la satisfaction du travail accompli, ce sont des… Workaholics (bourreau de travail). Le travail bien fait peut chez certains tourner à l’obsession. Aussi louable soit-elle, cette dépendance au travail a des conséquences sur le bourreau de travail, sa vie de famille, sa vie sociale … Tel l’arroseur arrosé, le bourreau devient assez vite victime.
Jusque là je m’en sors bien. Dès le lundi j’attends impatiemment le
vendredi soir pour être en week-end. A priori, tout risque de dépendance est écarté.
Les dépendants au jeu : en dehors du jeu plus rien ne compte dans leur vie, qu’il s‘agisse de jeux d’argent ou de jeux vidéo (consoles, réseaux…). Plus aucun centre d’intérêt ni de vie sociale, ce sont des… joueurs pathologiques.
Le pire c'est quand certains vont directement à la case prison sans passer par la case départ ni empocher 2 000 euros.
Ceux que rien ne peut empêcher d’acheter, de dégainer leur carte bancaire plus vite que Lucky Luke sort son revolver, pour dévaliser les boutiques. Victime d’une frénésie d’achat, ce sont les… acheteurs compulsifs. Ou oniomanes cliniquement parlant.
Je connais mieux mon numéro de carte bancaire que de Sécurité Sociale, est-ce un signe ?
Il y a aussi le sport, le téléphone portable, le café, le chocolat, la chirurgie esthétique, Internet...»
Internet ! Je me demande si je ne vais pas consulter au plus vite avant d’en venir à
- Crier « ah g-mail » au lieu de « Aïe j’ai mal ».
- Chercher à cliquer sur une souris quand je vais retirer de l’argent au distributeur
- Remplacer les « point barre » ou « point à la ligne » par « point com » ; ou encore les « ouais » par des « ouaib »
- Apprendre l’alphabet aux enfants en commençant par les 3 lettres : www
- Rire avec LOOOL ou des MDR.
- Utiliser des ^^ lorsque les mots me manquent ou grimacer en (O_o)
- Ecrire des hyper textes et nouer des hyper liens.
- Chanter « Don’t worry, be mappy » lorsque que quelqu’un cherche son chemin
Scruter les étoiles pour faire « un vœu et puis Voila ».
- Bien qu’au fond, tout cela n’a aucune importance, puisque désormais, il n’y a plus que le mail qui m’aille…
Soudain, une question me traverse me l'esprit :
« Au fait, dîtes-moi Paulette, dans votre lutte contre la dépendance, je suppose que je ne dois plus vous proposer de pancakes ?
- Ah ça non ! Il ne faut pas exagérer ! Ne pas confondre plaisirs et addictions !
- Bien sûr Paulette, bien sûr… »
*
Sur le même thème "Psycho tics" :
|
Internet créé une forte dépendance Ne commencez pas :
|
La crise s'en va, la crise revient : | Votre meilleur anti-dépresseur : |
|
|
|
|
*
** directeur général de la clinique Montevideo (Boulogne-Billancourt)
Source : JDD
Article publié sur LePost.fr en mars 2010
- LOCITA
et d'autres sont contents que Paulette en parle :
Des illustrations
Des chroniques, tranches de vie, d'avis
Les chroniques d'une marx sister
Lobotomie, un citoyen lambda...mais pas si ordinaire
LUCASPARAX musique et politique
Des revues de presse express
ArroNews : l'actualité insolite
Du boulot
De la marmaille
Mauvaise mère (ex-mère indigne)
Mauvaise mère (le trio infernal)
De la (jolie) nostalgie
Le temps des cerises - Le ch'timi
Et des trucs de filles
Tata Paulette, elle est sympa, mais elle n'aime pas qu'on lui pique ses textes sans lui dire.
C'est un peu comme si tu me volais mon seul neurone tu vois.
"Les chroniques de Tata Paulette" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons.
Le coin des pot'ins