Partager l'article ! Manger sain d'accord, mais jusqu'à quel point ?: "De tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme" * ...
"De tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme" *
Alors que Tata Paulette n'a pas pointé son nez depuis son anniversaire (une éternité), je décide de briser son mutisme pour lui proposer mes inimitables pancakes. En guise de réponse à ma proposition, je dois me contenter d’un « hmmm ».
Une Tata Paulette qui refuse des pancakes n’est pas une Tata Paulette. Qu’on se le dise.
« On verra plus tard pour tes pancakes. Aujourd’hui, j’hésite à me prononcer sur la nouvelle consommatrice que j’aimerais être.
- Ne choisissez pas Paulette, renoncez !
- Oh que non ! Nous aspirons tous à une vie plus saine. Il ne se passe pas un jour sans que nous entendions parler du "vivre sain", "vivre mieux". Pendant que certains en parlent et ne font rien pour, d’autres mettent tout en œuvre pour parvenir à la saine-attitude.
- Et vous aussi ?
- Oui mais je ne sais par quoi commencer. Trop de sucre, trop de gras, trop de tout et pas assez de rien, manger bio c’est bien, stopper le sucre c’est encore mieux.
La tendance étant au manger mieux, à coups de "bio", de "sain", "d'équilibré" ou "naturel", certains ont décidé de prendre le pli d’une vie plus saine .
- Vous rêvez d’un esprit sain dans un corps sain ?
- Moi, non, mais ceux qu'on nomme les nouveaux consomm’acteurs, qui privilégient la pureté de ce qu’ils ingèrent. Certaines méthodes frôlent les troubles psy-éco-logiques.
Alors je te présente les tendances automne-hiver-printemps-été du catalogue éco-food.
Les locavores
Du local dans votre assiette.
Il y avait les carnivores, les herbivores, les omnivores, les publivores voici désormais les locavores.
Ce terme, né en 2005 à San Francisco, regroupe les personnes qui s’alimentent exclusivement de produits dont l’origine est située dans un rayon géographique de moins de 160 km de chez eux (250 km peuvent être tolérés).
Le locavore est ainsi une espèce en voie d’apparition et de propagation, qui ne mange que des produits de proximité.
Pourquoi ? Pour réduire le coût écologique induit par le voyage des denrées alimentaires, d’en maîtriser la traçabilité et de respecter les saisons pardi !
Le manger local n'est pas forcément bio, mais bio c’est encore plus tendance sain.
Effet de mode ? Peut-être.
Toujours est-il que cette discipline alimentaire stricte nouvelle nous encourage fortement à acheter des produits frais et de saison, sur les marchés ou aux agriculteurs locaux.
La grande distribution se met d’ailleurs à afficher les émissions carbone de certains produits.
Qui dit nouvelle tendance dit aussi nouvelle anti-tendance. On trouve ainsi le distavore, qui ne consomme que des produits ayant parcouru une grande distance avant d’arriver dans son assiette. Variation sur le même terme (soyons fous) : l’hyperlocavore (production à la maison).
Personnellement, j’adore manger local, ce local qui est toujours dans une région à l'autre bout de la mienne. Le local d’ailleurs. Voire le local étranger.
Est-ce qu’aller faire ses courses dans le supermarché qui est à 5 km de chez moi fait de moi une locavore ? Suivant...
Les enthomophages
Des insectes en brochette
Au commencement était l’insecte qui mangeait d’autres insectes. Puis vint cette espèce, l’homme, qui à son tour mangea des insectes. Les entomophages donc, qui se nourrissent d'insectes.
Ceci n’est pas nouveau, des populations se nourrissent d’insectes depuis des milliers d’années. Ce qui l’est en revanche, c’est la proportion que prend cette tendance.
Pour le coup, tous les goûts sont réellement dans la nature ! Nul doute que vous trouverez insecte à votre goût. Par exemple, en Thaïlande, près de 200 espèces sont consommées.
L’avantage, c’est que des insectes on en trouve partout. En plus, ils sont riches en protéines et c’est pas cher, voire gratuit. A tel point que la FAO envisagerait cette tendance pour enrayer la faim dans le monde.
Attention ! Se nourrir d’insectes n’est pas si aisé qu’on pourrait le croire. Veillez à ce que ces petites bêtes soient dépourvues de toute trace de pesticide. Des insectes donc, mais des bios. Evidemment, si vous consommez des insectes qui proviennent du champ voisin aspergé de pesticide, ou qui auraient ingurgité des feuilles pulvérisées, c’est inutile pour votre saine-attitude.
Même si les insectes sont certainement nourrissants, j’aurais l’impression de manger un héros de Walt Disney ou de Pixar.
Au menu ce soir : brochettes de sauterelles, quiche aux larves ou sauté de cafards.
Et si le fait de manger ces petites bêtes vous révulsent, vous pouvez les transformer en farine ou en une pâte utilisable en complément alimentaire. Vous en doutez ? Voici quelques recettes made in Insecte.
Les orthorexiques
La pureté alimentaire au bout de la fourchette
Après la boulimie, l’anorexie, l’hyperphagie, voici un nouveau trouble du comportement alimentaire : l’orthorexie. Une préoccupation tellement grande de "bien manger" que cela devient pathologique.
La personne atteinte d’orthorexie se focalise sur le choix de sa nourriture au point d’en être obnubilée. Elle prend tous les conseils médicaux en matière d'alimentation au pied de la lettre.
Ainsi, pour éviter de consommer des graisses, du sucre, des produits transformés ou autres additifs, l'orthorexique va passer un temps incalculable à déchiffrer les étiquettes, à concevoir ses menus quelques jours à l'avance, jusqu'à inventer des règles alimentaires plus que contraignantes.
Faire ses courses devient une véritable traque à l'aliment parfait.
Autant inviter à dîner un écolo-totalitaire ou un mangeur 100 % bio c'est pénible compliqué, mais alors une personne orthorexique, ça relève d'un véritable challenge culinaire. A moins de l'inviter en compagnie de son tupperware rempli d'oméga 3, de lycopènes, de flavoïdes, pendant que vous mangerez une grosse pizza et du Nutella en guise de dessert.
« Alors, qu’en penses-tu ?
- Je ne sais pas trop Paulette.
J’ai déjà mangé des insectes, quand j’avais 5 ans et ça ne m’a pas réussi (quelques mouches gobées au hasard d'une ballade à grande vitesse en vélo la bouche ouverte, c'est pas probant).
Ne manger que des légumes de saison près de chez moi, pourquoi pas...
Quant à passer deux heures à lire une étiquette pour calculer les apports nutritionnels conseillés ou le nombre de glucides à la demi-bouchée, sans façon.»
Finalement, je ne suis pas prête de changer mes mauvaises habitudes alimentaires. Mon ami Ed l’épicier a encore de belles années à vivre avec moi.
Et n'oublions pas que dans vivre sainement, il y a vivre...
*
Sur le même thème, Tata Paulette vous propose :
- De la green attitude à la green fatigue
- Décryptage des termes écologiques
- Des gestes pour prendre soin de la planète, et de votre
portefeuille
*
*Pierre Dac
- LOCITA
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Tata Paulette, elle est sympa, mais elle n'aime pas qu'on lui pique ses textes sans lui dire.
C'est un peu comme si tu me volais mon seul neurone tu vois.
"Les chroniques de Tata Paulette" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons.
Le coin des pot'ins