Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 00:00

« L’objectif de faire réussir chaque élève anime les enseignants qui choisissent les situations pédagogiques adaptées (...). L’école maternelle est attentive aux besoins particuliers des jeunes enfants et leur apporte des réponses adaptées » *


 

 

 

Aujourd’hui, alors que je m'octroie une pause dans les chroniques pour cause de préparation de déménagement, je vais vous conter la bataille qui se joue dans ma vie de mère. Un billet personnel, une fois n'est pas coutume, mais un besoin urgent de me libérer m'anime !

 

Mini-moi a 4 ans et demi. Vous commencez à la connaître, entre ses premières histoires d’amour, ses facéties, ses  mots d‘enfants… Sinon,  c’est par ici que ça se passe.

 

Mini-moi est aussi une enfant « en avance ». Pour ainsi dire, précoce**. Je n’aime pas ce terme, qui résonne trop psycho-médical. Pourtant, il a fallu que je me fasse une raison, Mini-moi est très en avance. Depuis qu’elle est bébé, j’entends le même refrain : elle s’exprime drôlement bien pour son âge, elle sait faire plein de choses, elle a le cerveau en ébullition, elle est pleine d’imagination, etc.

 

Et votre vie se voit bousculée par un petit bout de femme de 4 ans et demi qui raisonne, réfléchit, parle et agit comme une petite fille de 6 ans, voire plus selon les situations.


Certains en seraient fiers, exhiberaient partout, aux yeux de tous, leur enfant si doué, considérant cela comme une chance. Rendez-vous compte l’avenir qui s’offre à eux !


Moi non. J’aurais préféré qu’elle continue de s’épanouir dans sa classe avec les enfants de son âge, qu’elle puisse se poser parfois, sans vouloir toujours tout savoir sur tout, à être si curieuse alors qu’elle a tellement de temps devant elle pour apprendre les choses de la vie. Que son petit cerveau en construction se repose.

 

Alors quand cette petite pleine de vie,  les yeux toujours pétillants, me dit le regard triste qu’elle s’ennuie à l’école parce qu’elle sait déjà tout faire, que me reste-t-il comme solution ?

En parler à sa maîtresse pour trouver une solution, simple, qui convienne à tous.

J’ai mis le temps pour le faire. J’ai attendu d’être sûre que ce ne soit pas passager, que Mini-moi trouve ses marques à l’école, que quelques mois passent pour que le programme lui convienne tout en vérifiant que ce n'était pas un prétexte pour rester à la maison depuis la naissance de sa petite soeur.

 

J'ai du essuyer de nombreux pleurs sur le chemin de l'école, des maux quotidiens (au ventre, à la tête), des passages de surexitation extrême le soir au coucher, des colères incompréhensibles avant de me lancer.


Un jour de plus fut un jour de trop, je suis donc allée en parler à la maîtresse. Avec le plus de pudeur et de retenue possible.

 

Un mur. Voilà face à quoi je me suis retrouvée.


Lorsque votre enfant a des difficultés scolaires, il est immédiatement pris en charge. Lorsque vous vous permettez d’aborder la précocité de votre enfant et le fait qu’elle s’ennuie à l’école, c’est tout juste si l’on ne vous rit pas au nez.

Normal ! Il y a tellement de parents qui veulent la réussite de leurs enfants, qui aimeraient les voir progresser vite et bien, quitte à leur faire sauter une classe, histoire que ça aille plus vite.

J’ai eu l’impression d’être « encore une mère qui veut que son enfant soit différent et qui a envie qu’elle apprenne plus vite que les autres ».

 

Et bien, non. Je suis juste une mère qui a envie que sa fille soit bien à l’école.

Je ne veux pas que Mini-moi saute une classe, je ne veux pas qu’elle soit plus douée que les autres. Je veux juste qu’on soit à l’écoute de ses besoins, de son niveau, qu’on puisse l’aider à apprécier l’école à sa juste valeur. Qu’elle puisse apprendre et non répéter sans cesse les mêmes exercices qu’elle connaît depuis un an. Que je n’ai pas à répondre continuellement à ses besoins d’écrire, de lire, de compter, de travailler le soir après l’école ou le week-end parce qu’elle veut apprendre, encore, toujours, tout le temps.

 

Je ne jette pas la pierre à l’école. Je comprends qu’ils ne puissent pas gérer un cas particulier, que 27 élèves par classe c’est déjà compliqué.

Je veux juste qu’elle soit épanouie, dans un endroit où les enfants sont censés l’être à leur âge.

 

A la rentrée de janvier, elle sera dans une nouvelle ville, une nouvelle école. Je ne peux qu’espérer que les choses changent, qu’elle retrouve le sourire.

Si l'école ne prend pas cette situation au sérieux, que me reste-t-il ?! Ah oui, un psy, une association en soutien, une école spécialisée (à 5 000 euros l'année, évidemment, tout le monde peut se le permettre).

 

Alors j'attends, je prends son mal en patience. Et surtout, j'espère.

 

Parce que je n'ai pas envie de voir s’éteindre la multitude d’étoiles dans ses yeux…


T'en fais pas Mini-moi, on va y arriver ;)

 

 

 

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*

 

Sur l'enfant précoce et l'école


En France, 2% des enfants sont précoces ou surdoués.

L'enfant précoce est un enfant en avance sur son âge dans plusieurs domaines. Il parle, lit plus tôt que les autres enfants, son vocabulaire est plus riche, il est capable de faire des puzzles conçuspour une tranche d'âge supérieure...

 

La précocité se repère dès 2 ans, mais le moment clé est l'entrée à l'école maternelle. Pour un enfant précoce, l'école est l'objet de tous les espoirs ! Il est persuadé qu'il va appendre plein de nouvelles choses, que cela va être passionnant. Or, il est rapidement déçu : les autres enfants sont des bébés, ce que demande la maîtresse est trop facile. (...)

Souvent il se fait rabrouer par la maîtresse parce qu'il monopolise la parole et gêne les autres. La désillusion est si forte qu'il peut refuser net d'aller à l'école. Ou pire encore, développer des symptômes physiques qui vont l'empêcher d'y aller : maux de ventre ou de tête, pleurs inconsolables, angoisses, etc.

Sa curiosité peut l'éteindre, l'ennui l'envahir.

Dominique Guillaume - psychologue


"Avec un enfant précoce, les méthodes éducatives classiques sont mises à mal. Les parents doivent s'affranchir du regard des autres et s'autoriser une certaine souplesse.

Avec trente éléves par classe, la maîtresse ne peut pas accorder à un enfant précoce toute l'attention dont il aurait besoin"

Monique de Kermadec - psyhologue

 

 

 

* Extrait du guide pratique des parents 2011-2012 « mon enfant à l’école maternelle »

 


Par Lilie_Moon - Publié dans : Les nouvelles de Gnomes-Land
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