Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 00:00

... Ou comment l’école maternelle fait grandir Mini-moi trop vite

 

Mini-moi entame sa troisième semaine à l’école maternelle, renommée pour l’occasion en gnomes-land, le pays merveilleux des minis-nous en tout genre où règnent les cris la joie les pleurs les rires et où s’échangent les virus jouets . 

 

Mini-moi et le petit voisin, Léo, se connaissent depuis toujours. Ce toujours qui date de trois ans, date de leur naissance. Comble du bonheur, ils sont dans la même classe.

Dans le genre remake de Laurel et Hardy version mini-pousse, impossible de faire mieux. Seulement voilà, il y a une ombre au tableau, on n’est pas dans la petite maison dans la prairie non plus.

Léo ne va à l’école que le matin (sa maman ne travaille pas). Et Mini-moi, toute la journée (sa maman travaille). Elle se retrouve donc sans son blondinet aux yeux bleus et joues roses le reste de la journée. Perdue.

 

Livre Albin Michel Jeunesse - Illustrations 100drine

 

 

La semaine dernière, premier drame à gnomes-land.

Voilà que Mini-moi du haut de son 1,02 mètre et de ses 3 ans la joue déjà « entre le blond angélique et le brun ténébreux mon cœur balance ».

 

Ma fille, la chair fraîche de ma chair défraîchie, s’est bien gardée de me conter ce mic-mac sentimental.

Tu penses, elle croit que je ne suis qu’une mère. Donc que je suis vieille. Alors les histoires d’amourette, c’est dire si je n’y connais rien… A part les dinosaures, j’ai pas connu grand-chose. Peut-être Jésus mais c’est encore trop confus pour elle.

Par le plus grand des hasards (planquée derrière la baie vitrée), j’ai surpris une conversation entre elle et son Léo (que mes oreilles à l’instinct maternel surdimensionné n’ont pu s’empêcher d’écouter) :

 

Lui : Pou’quoi t’es allée avé lui ce matin ?

Elle : Pa’ce que c’est mon ami

Lui : J’ veux pas, c’est que moi qui joue avec toi

Elle : oui et c’est Jimmy aussi mon ami

Lui : moi j’ veux que tu restes toujours avec moi !

Elle : Arrête où je suis plus ta copine

Lui : Moi non plus je suis plus ton copain

Elle : Alors on va jouer à se tuer au fond du jardin

Lui : Oui allez on court

Elle : je fais la princesse qui est morte pour de faux et toi on disait que tu es le prince.

 

Rassurée par la fin heureuse (et très rapide) de ce dilemme, je suis quand même restée sur un prénom : Jimmy. Et sur ma faim. Qui c’est ce Jimmy ? Il a quel âge ? Il est comment ? Il habite où ? Ils font quoi ses parents ?

 

Arrivée à l’école, je mène l’enquête… Et j’aperçois LE Jimmy en question. Je sais que c’est lui parce qu’il est sagement assis en dessous de son prénom/porte-manteaux. Il est beau comme James Dean (quand il avait trois ans), du gel déjà plein les cheveux, des marcels qui mettent en valeur ses muscles inexistants, quelques trous dans son jean tel un vrai tombeur. Je veux dire, un gosse qui tombe tout le temps.

 

Sur le chemin du retour, je demande à mini-moi comment s’est passée sa journée à l’école avec les questions d’usage. De la manière la plus innocente et détachée possible :

 

« Alors, mini-moi, avec qui tu as joué aujourd’hui ? Voilà, elle va me parler de Jimmy, bien joué !

- Avec Alex.

- Alex ??? Qui c’est encore celui-là ?

- Alex c’est mon copain. On a joué au papa et la maman. Argghhh.

Et on a fait du vélo aussi. Ouf.

- C’est chouette ça (j’abrège la discussion dans l’espoir qu’elle me parle de mon futur gendre).

Et Jimmy ? (l’espoir étant vain et l’attente trop longue, j’aborde LE sujet)

- Ben Jimmy il faisait le papa.

- Et Alex ? (je veux bien que les jeunes soient précoces, mais deux papas et une maman, si jeunes…)

- Alex c’était notre bébé.

Evidemment !

- Et il est gentil Jimmy ? (j’ai pas trouvé plus idiot comme question)

- Oui, Jimmy je l’aime (avec un regard langoureux et un air malicieux carrément indécents à mes yeux de mère !)

 

Quelques jours après cette révélation, Mini-moi semblait dans l’incapacité de se souvenir de Jimmy. Même en regardant sa photo sur le trombinoscope de gnomes-land, elle faisait une amnésie temporaire de son premier amoureux. Et pour cause, Jimmy était absent depuis trois jours à cause d’un vilain virus. Qu’il a ensuite gentiment partagé avec le reste de ses acolytes soit dit en passant. Vivement les poux.

 

Même si elle continue de parler de temps à autre de Jimmy, chaque soir en rentrant de l'école c'est vers le grillage qu'elle court pour hurler  "Léo, je suis là, tu viens jouer ?" et me demandant la bouche en coeur, battements de cils charmeurs en sus : "maman, il peut venir à la maison Léo ?" ...

 

En résumé, Léo aime Mini-moi qui aime Jimmy qu’elle remplace par Alex les jours d'absence ou par Léo le soir. Un bon début de scénario pour une suite de Santa Barbara.

 

Ce qui me rassure, c’est qu’à cet âge là, l’amour dure aussi longtemps que l’attrait pour les épinards ou toute autre substance verte communément appelée légumes.

Temporairement.

 

A suivre dans les nouvelles de gnomes-land : l'enrichissement du vocabulaire...

 

 

 Lire les autres chroniques "Vie de mère (ma vie, mon oeuvre)" ici

 


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Par Lilie_Moon - Publié dans : Les nouvelles de Gnomes-Land
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