Partager l'article ! Un avant-goût de la rentrée scolaire: ...Ou ma première rencontre avec l'école et ses autochtones La chroniqu ...
...Ou ma première rencontre avec l'école et ses
autochtones
Pendant que certains chanceux sont déjà partis et que d’autres veinards préparent leur départ, mes pensées sont à mille lieux des problématiques vacancières (est-ce qu’on va à la plage ou à la piscine ? Je mets quel maillot de bain ? C’est à quelle heure la soirée disco ?). Je suis déjà dans l’angoisse de la rentrée scolaire.
Dans deux mois, Mini-moi va faire sa première rentrée des classes. Petite section de maternelle. Paf, encore 10 ans dans la figure. Hier, c’était encore un bébé ! Demain, elle entrera dans ce monde cruel et impitoyable merveilleux, et ce sera parti pour au moins 15 ans.
Photo ©Doisneau
Avant la rentrée tant attendue par Mini-moi, les étapes de l’inscription à l’école m’ont déjà mise dans le bain. Chaud bouillant, le bain.
Je vous passe les détails des formalités administratives prouvant que l’enfant en question est bien le vôtre, qu’il a l’âge requis. Et, surtout, qu’il est «propre» [Traduction : propre ne signifie pas qu’il se lave, mais qu’il est débarrassé des couches qui font doubler son poids une fois pleines].
Première visite de l’école, première rencontre avec les autochtones.
D’abord, la directrice. Des lustres que je n’avais pas mis
les pieds dans un bureau de directeur d’école. La dernière fois devant dater du lycée et relever plus d'une convocation que d'une invitation cordiale.
Celle-ci remarque vite que Mini-moi est une petite très… active et n’hésite pas à m’en faire part : « dîtes-donc votre fille elle bouge beaucoup !». « Elle s’exprime très bien pour son âge, mais, elle parle toujours autant ? ». [Traduction : c’est quoi cette espèce de tornade-bipède-ascendant-moulin-à-paroles ?]
Là, vous avez envie d’expliquer que votre fille est effectivement très active et qu’elle est en
avance en termes de langage, entre autres. Pourtant vous la bouclez. 1. Parce que vous espérez vous dites que votre enfant sera différent à l’école ; 2. Vous savez surtout que
vous serez amenée à revoir souvent la directrice pour aborder « le cas Mini-moi ».
Pour un premier contact, c'est réussi !
Puis, rencontre avec la future institutrice, que Mini-moi appelle déjà «maîtresse» avec une fierté que je n’avais pas vue depuis le jour où elle a réussi à grimper seule en haut de la balançoire : « t’as vu maman comme je suis grande ». « Oui, ma fille, oui ». [Traduction : amenez-moi un défibrillateur, vite]
L'institutrice commence la présentation de sa classe, en y ajoutant quelques questions indispensables en termes d’organisation.
« Quels sont les enfants qui feront la sieste à l’école ? »
« La mienne ! » Ah, je suis la seule apparemment.
Courte visite du dortoir. Mini-moi est ravie de faire la sieste à l’école (alors pourquoi tu ne la fais plus à la maison ?!) : « il est joli le lit bleu, je pourrai dormir dedans ? ». Super maîtresse lui répond illico-presto : « Oui, ben ça on verra plus tard hein ». Un ton plus sec, tu meurs.
« Est-ce que certains enfants mangeront à la cantine ? »
« Oui, la mienne ! » Ah, je suis encore la seule on dirait. A priori, c’est logique : si Mini-moi fait la sieste à l’école, c’est qu’elle y déjeunera aussi.
«Bon, alors je vais vous montrer le réfectoire». Dans un soupir de désolation totale et un haussement de sourcils me laissant penser que je suis le parent-boulet de l’année. Vivement la remise de médaille.
« Y a-t-il des enfants qui iront à la garderie ? »
Bizarrement, c’est vers moi qu’elle se tourne en posant la question.
Si je dis encore oui j’ai une pénalité ? J’attends que les autres parents répondent, je crains passer pour une fayotte auprès des autres élèves parents ! Silence. Aucune réponse.
C’est donc avec un oui bien moins assuré que je réponds.
Ca y est, je crois que j’ai dépassé les bornes, les limites de son l’entendement et de ce qu’elle pouvait supporter.
« Vous savez qu’on ne prend pas les enfants malades !»
Euh... j’ai du manquer un épisode. Moi pas comprendre ce que toi vouloir dire. Toi, bien vouloir répéter à moi ? Je me sens dans la peau de Némo qui croise pour la première fois le requin Bruce.
« Vous avez un autre mode de garde j’espère… ? »
« … Parce que si votre fille tombe malade, on la refusera à l’école »
« Vous avez de la famille ici ou des moyens de la faire garder facilement ? »
Elle me parle d’une traite, comme si elle s’était retenue jusque là de m'avouer son agacement profond. Je la laisse terminer, ça la soulage, et ça me laisse le temps de trouver un alibi la bonne réponse sans utiliser le 50/50 ou le coup de fil à un ami.
A dire vrai, non, je n’ai pas de mode de garde. Je me retiens de lui dire de peur qu’elle fasse un infarctus.
En une seconde (une éternité), j’ai imaginé différentes réponses :
- Me confondre en excuses d’être une femme mère qui travaille à plein temps, qui claque pose tous ses RTT pour pouvoir garder sa fille les mercredi après-midi, et qui n’a pas la possibilité de caler ses horaires sur ceux d’une institutrice de l’école. J’ai déjà du mal à aller la Mairie, alors l’école, imaginez !
- Me justifier, en lui expliquant que je suis loin de considérer l’école comme un mode de garde « moins cher », mais que je ne vais pas me ruiner avec employer une nourrice juste le temps que l’école ouvre ses portes ou pour faire acte de présence durant la sieste.
- M’énerver : vous croyez que ça me fait plaisir que ma fille passe 10 heures non stop à l’école ? Si elle va à la garderie matin ET soir, c’est pas parce que je profite de ce temps pour me faire manucurer ou poudrer le nez tranquillou !
Photo ©Doisneau
Finalement, c’est la tête haute, le buste droit, d’un ton aussi convaincant qu’assuré que je lui rétorque un grand « OUI, évidemment que j’ai un mode de garde ! ».
Je viens de lui ôter un gros poids, et de prendre ce dernier à ma charge comme un boulet que je vais traîner tout au long de l’année.
Il ne me reste plus qu’à aller allumer un cierge à la cathédrale pour que Mini-moi tombe malade uniquement en dehors des périodes scolaires.
Je sens que cette première année scolaire va me plaire autant qu’à Mini-moi…
Dans les épisodes précédents :
Et parce qu'il en faut aussi pour les hommes
(parité oblige) : au
fait, c'est quoi un père ?
- LOCITA
et d'autres sont contents que Paulette en parle :
Des illustrations
Des chroniques, tranches de vie, d'avis
Les chroniques d'une marx sister
Lobotomie, un citoyen lambda...mais pas si ordinaire
LUCASPARAX musique et politique
Des revues de presse express
ArroNews : l'actualité insolite
Du boulot
De la marmaille
Mauvaise mère (ex-mère indigne)
Mauvaise mère (le trio infernal)
De la (jolie) nostalgie
Le temps des cerises - Le ch'timi
Et des trucs de filles
Tata Paulette, elle est sympa, mais elle n'aime pas qu'on lui pique ses textes sans lui dire.
C'est un peu comme si tu me volais mon seul neurone tu vois.
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Le coin des pot'ins